{Type sauce}

Lundi 21 juillet 2003 * Bon ben c’est le retour betôt...

Alors voilà la dernière fois que je vous donne des nouvelles depuis ce côté de l’Atlantique.

Du 12 au 21 juillet

Entre Bruges (nord-ouest de la Belgique) et Passau (sud-est de l’Allemagne) le temps continue d’avancer. D’un lift à l’autre. D’une nouvelle rencontre à un nouveau paysage. Mais il était temps que je pose mes affaires en quelque part pour quelques jours. Ca fait onze mois que je n’ai pas vu mon appart’ et plusieurs personnes. Et puis voyager a beau être enrichissant et « rewarding » (je trouve plus le mot pour ca – récompensant ne faire certes pas l’affaire). Ce qui fait la beauté de bouger c’est le fait de pouvoir être arrêté aussi. En quelque part vers la Belgique j’en avais vraiment assez de voyager. Alors je me suis précipité vers la Bavière pour y retrouver mes deux dernières hôtesses de quelque jours. Je m’explique.

Bruxelles – Qu’est-ce que je fais ici ?

Une autre grosse ville avec ses gros monuments prétentieux, ses enluminures, ses sculptures, ses touristes. Je suis ici pour l’expo « Le droit de rêver » qui relate la vie de Jacques Brel (d’une manière très réussie ; si vous avez la chance il vous reste quelques mois) et c’est tout ce que je verrai. J’arrive vers sept heures du soir, je prends le dernier lit de la dernière auberge de jeunesse en ville et je m’endors. Le lendemain, un dimanche je suis le premier à entrer à l’expo à 9h30. Une petite bière belge blonde dont j’oublie le nom et puis cap sur la campagne. Les Ardennes.

C’est joli et vallonné. Je cherche à aller à La Roche qui apparemment est un joli village. J’y arriverai le lendemain midi.

Le gars qui me donne le dernier lift a un pote qui tient un gîte d’étape chez qui je peux poser ma tente si je veux. Je veux. Ballade dans les bois. Joli village en effet. En soirée discussion intéressante mais trop courte avec Francis le gars qui tient le gîte d’étape ; il a mille trucs à faire. J’engloutis trois heures de téloche belge, francaise, anglaise, espagnole, italienne… C’est cool la télé ici pour ca.

Je pensais rester à La Roche une autre journée mais le besoin de ne plus bouger pour de bon est plus fort. De onze heures de mat’ à dix heures du soir, je fais le trajet qui me sépare de La Roche au centre-ville de Munich. 600-700 km. Pas mal.

Sabine m’accueille chez elle plus tôt que prévu. En trois jours à Munich je fais/ on fait surtout des ballades dans les différents quartiers et puis on cuisine on prend un thé puis un autre et le temps passe agréablement. C’est bien Munich. Et puis c’est amusant l’allemand.

Oh il y aurait encore des couleurs à raconter, des odeurs, des rayons de soleil, des touristes des saveurs et des sons. Plus de détails à donner sur un million de choses. Toutes les anecdotes auxquelles vous n’avez pas droit, mais qui mériterait bien quelques lignes j’imagine. Et puis mes sujets de réflexions. La mémoire des choses. Le temps. La méchanceté des hommes. La pollution. La guerre. La poésie. L’indépendance du Québec. Ce que je vais faire de retour à Montréal. Etc.

Après Munich, je me retrouve à Töging, la ville où est né et a grandit Susanne. Samedi il y a une fête de famille mais aucun de ces Bavarois ne parle anglais (ou francais au demeurant). C’est un peu comme être en quelque part sans y être. Avant la fête qui est vers la fin de la journée on fait un peu de vélo et on va a un festival dans la ville à côté : ce sont des courses de bateaux faits à la main et qui doivent absolument comporter une baignoire. En soirée le bar de l’adolescence de Susanne.

Le lendemain, dimanche, donc hier, nous partons pour Passau, mais auparavant un grand détour par les Alpes bavaroises en compagnie du père de Susanne. C’est beau les Alpes dites donc ! Et puis drôlement plus frais en haut qu’en bas lorsqu’il fait 34 degrés dans la vallée.

Il me reste à peu près une semaine jour pour jour. Au programme, la ville de Passau. Peut-être un petit tour dans la campagne environnante et puis un festival médiéval dans la plus grosse forteresse d’Allemagne de vendredi à dimanche. Lundi une expo controversée de corps humains vidés à Munich (« Body Forms ») et l’avion Munich-Londres à 21h40. Nuit à l’aéroport de Stansted. Bus de 4h05 à 6h45 pour changer d’aéroport. À midi et quart vol pour Philadelphie (US 99). Arrivée à 15h40. Standby. Vol US 1082 pour Montréal. Arrivée à 21h16. Et puis la mort de ce blogue.

Voilà.

xxx

;)

Typesauce, 2003-07-21 07:20:20
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Samedi 12 juillet 2003 * Aujourd'hui je suis monte dans le befroi

Arrivee a Bruges hier. Merci du conseil Jean-Marc, ca vaut vraiment la peine. - Le temps a pris son temps au fil des rencontres. - Le 7 juillet j'ai quitte Kyril, Marianne et la petite famille vers 1 heure. J'ai ete pris immediatement par une fille qui s'en retournait a Maastricht, habitait au centre-ville et m'invitait a venir faire un tour. Je m'en allais 150 km au nord de la dans le "Veluwe Park", la seule zone pseudo-sauvage des Pays-Bas, mais une invitation de meme ca ne se refuse pas. Elle etait assez impliquee dans des groupes de jeunes religieux et je pense que j'etais un peu sa B.A. - Maastricht est une charmante petite ville. J'ai fait le musee d'art moderne - Le 8 vers 17h j'ai quitte la ville vers le Veluwe Park, mais je ne m'y suis pas rendu. Par contre mon dernier lift etait d'un gars qui organise avec quatre autres potes un festival de creation et d'exposition multidisciplinaire etc sur le terrain d'une usine desafectee recuperee en centre de creation artistique pluridisciplinaire. Accueil amical de joyeux poteux et sculpteurs etc. J'ai dormi dans une yourte (tente traditionnelle des Mongols montee pour l'occasion ( a cote d'un tipi!) - Le 9 juillet j'ai fait mon tour dans le Veluwe. Joli. Charmant. Petit. Et puis une expo dans un musee au milieu des bois de quelque chose comme 90 oeuvres de Van Gogh. - Le dix j'ai aide a toutes sortes de bidules pour le festival (ou j'etais revenu dormir la veille) D'ailleurs les deplacements sont plus ardus sur le pouce en ce moment. Lents, en fait. Alors j'ai plante quelque clou deplace deux trois machins. Lave un refrigerateur. Il faisait super beau. - Hier (le onze) j'ai pris plusieurs heures pour arrive a Bruges. Vers six heures j'y etais. Auberge de jeunesse pour 12 euros. La premiere du voyage ! J'ai deambule et deambule dans la ville. C'est super joli. Et puis j'ai flaner avec une belge rencontree en demandant des informations. Biere, frites, terrasse. Voila. - Aujourd'hui je suis monte dans le befroi qui donne une vue magnifique de toute la ville. Et la je suis sur internet au prix exorbitant de presque 4 euros l'heure depuis 1 une heure et demie. Quelques visites encore et l'expo Brel finalement. - Niveau etat d'ame, ca va, ca va. Hier j'etais un peu tanne de voyager. Attendre les lifts c'est lassant. Mais Bruges m'a ragaillardi, je pense. Et puis je vais passant presque dix jours a Munich et en baviere avec Sabine (rencontree en Irlande il y a 10 mois) et surtout Susanne. Alors il ne me reste vraiment qu'une semaine de lifts a queter. J'ai bien hate de revoir Montreal. Prendre le pouls. Faire les festivals. Voir si mes souvenirs de ce qu'est le Quebec sont justes. Et puis vous voir tous. Bon voyage a ceux qui voyage (vous etes nombreux). - je sais la mise en page est a chier, mais j'y peux rien. Ciao !

Typesauce, 2003-07-12 07:33:57
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Dimanche 06 juillet 2003 * Changement de cap

Bonjour, bonjour,

 

Apres une spectaculaire montee je suis passe de Etretat (Nord de la France, milieu de la Normandie) a Zoetermeer en banlieue de Den Haag (La Haye si vous preferez). C’est la que resident Kyril et Marianne, couple neerlandais rencontre a St-Malo. Et ca m’a fait une etape de 600 ou 700 km. En douze heures c’est pas trop pire.

 

Hier (5 juillet) je suis alle visiter les dunes du cote de la mer du nord avec toute la petite famille. Et ensuite je me suis promene dans Leiden, charmante petite ville. Et comme c’etait jour de marche, je me suis achete plein de bons trucs. La vie est beaucoup moins chere aux Pays-Bas qu’en France ! Et puis ca a beau etre une des zones urbaines les plus densement peuplee de la planete, je dois dire que les neerlandais ont vraiment le tour d’organiser l’espace pour que ce soit agreable d’y vivre.

 

Le 4 juillet ca a ete la route surtout. Un pretre neerlandais m’a pris en France et fait faire presque toute le chemin. Et puis le temps est devenu beaucoup beaucoup plus doux ce qui me rend la vie plus agreable. Toujours pas de pluie depuis un mois. Ou alors que quelques gouttelettes.

 

Le 2 et 3 je suis finalement alle du cote de la Normandie. Un passage eclair qui a valu la peine. Deauville et Trouville en bagnole rapidement et puis quelques heures dans Honfleur pour aboutir sur les falaises d’Etretat. Vraiment superbe. Et j’ai campe un peu en dehors du village. Il ventait ! Mais la tente a tenu.

 

Encore un jour ou deux ou trois aux Pays-Bas. Puis ce sera la Belgique et Bruges et Bruxelles et l’expo Brel et la biere, alouette !

 

La je pars pour Rotterdam a bicyclette et il fait gris et frais.

Typesauce, 2003-07-06 04:56:30
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Vendredi 04 juillet 2003 * Photos du debut du voyage

Encore une fois des photos enormes... Desole !

Je vous les envoie depuis chez Kyril et Marianne (et non pas Marion comme j'avais ecrit au debut juin) a Zoetermeer en banlieue de La Haye aux Pays-Bas.

Sur la photo du haut, je tiens Kyra, leur poupon et a cote c'est Marianne.

Sur l'autre, j'arbore ma tenue de pouceux et je suis en train de plier bagage je crois. Dans l'ombre on peut voir Kyril nourrissant Kyra.

D'autres nouvelles bientot !

Typesauce, 2003-07-04 17:19:36
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Mardi 01 juillet 2003 * En vrac

25 juin

Longue attente sur la route pour finalement aboutir dans ce qui a été le plus beau lieu que j'aie vu jusq'à date : la vallée qui va d'Aurillac au Puy Mary.

26 juin

Deux petites villes et leurs abbayes. Le puits de Dôme et une attente interminable pour aller à Paris. Arrivée à 1h30 du matin chez Vincent.

27 juin au 1er juillet

Paris. Déambulations. Musées. Cafés. Beaucoup de bidou dépensé. Je quitte demain. Aujourd'hui Orsay ou le musée d'art moderne ou le cinoche...

Hier Le Louvre.

Avant-hier Le Centre Pompidou.

Et puis il y a eu la Tour et Montmartre aussi.

Bruxelles demain ou après-demain.

Voilà !

Passe une bonne Canada Day ! Hum... Fète de la Canada.

;)

Typesauce, 2003-07-01 03:19:58
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Mardi 24 juin 2003 * BONNE ST-JEAN !!!

Toulouse trois jours. 20 au 22

 

Ville sympa. Très joli. Me suis couché à 5 heures du mat’ les trois soirs.

 

Y faisait chaud, mais chaud…

 

Je suis resté chez Antoine, le frère d’Elodie, même si il partait pour la fin de semaine. J’ai laissé les clés dans la boîte aux lettres en quittant.

 

Le seul pépin a été de me rendre à Toulouse. J’ai fait quatre heures de piquet à l’entrée d’une autoroute surchauffée.

 

Le 21 c'était La fête de la musique. Des groupes partout dans les rues. Excellente ambiance. Un groupe de 40 percussionistes entre autre.

 

Depuis Toulouse, j'erre dans le massif central.

 

Le Lot et Rocamadour, le vrai village !, enfin !

 

Et le gouffre de Padirac, une grotte naturelle immense.Merveilleux ! Sublime ! Les mots me manque et l'énergie pour les écrire aussi.

 

Et ce soir je passe ma deuxième nuit chez Arnaud et Sonia, de chez qui j'envoie ce texte.

 

Je m'arrête, parce que la journée a été dure. 30km de bicyclette pour aller au bord d'un lac. Par 35°C, c'est demandant.

 

Je reprend la route demain vers l'Auvergne ou les puys... A voir.

 

Fêtez bien pour moi.

 

Ciao !

 

P.S. Malgré tout je me sens bien seul parfois. Surtout mon premier jour à Toulouse. Mais là ça va. ;)

Typesauce, 2003-06-24 18:56:48
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Mercredi 18 juin 2003 * Le sud me gagne...

Il est 5 heures de l’après-midi ; Bordeaux depuis trois jours…

Le jour de mon anniversaire

De chez Frank, j’ai atterri dans l’immense demeure de Aude à La-Roche-sur-Yon, ville napoléonienne sans trait marquant. Par contre leur maison était magnifique ! Je connaissais Aude de l’Irlande du Nord, mais très peu. Elle et sa famille ont été super accueillants. Nous sommes allés à la plage. J’ai encore une fois super bien mangé et j’ai dormi dans un lit ! Première fois depuis deux semaines. Mais je dors très bien en camping alors ce n’était pas un soulagement si grand.

Le lendemain (12 juin)

Ordi toute la journée. Je suis parvenu à obtenir un clavier qwerty, mais en effaçant par mégarde le clavier azerty de l’ordinateur familial. J’ai donc achevé mon synopsis version Sodec et les descriptions de personnages et tout. Jean-Marc va encore une fois se charger de tout imprimer et s’assurer que ça se rende à bon port. D’ici deux mois j’aurai peut-être de l’aide financière et professionnelle. Le soir je suis allé à un concert auquel participait la sœur de Aude. Et après j’ai passé la soirée avec Aude, la voisine et le chum péruvien de celle-ci. Ils travaillent en ce moment aux Etats-Unis et prévoyaient peut-être emménager au Québec.

Le 13

Caniculaire. Par téléphone, Jean-Marc m’a suggéré de me débarrasser de ce que j’ai de trop. J’ai donc lesté quèques vêtements et bidules. Plus léger, mais suant quand même à grosse gouttes, j’ai entrepris de visiter le Marais poitevin, des terres datant de quelques siècles, réclamées de la mer et irriguées par un réseau de canaux. Par endroits ça donne « La Venise verte ». Peu vu. Sué. Mais j’ai eu un lift d’un gars qui travaille à débroussailler le marais, tout en attrapant des « ragondins » (rats musqués) et qui m’en a dit tous les secrets. Il m’a laissé à La Rochelle, là où Laetitia (d’Irlande du Nord !) m’a accueilli. On a bouffé plein de choses délicieuses au resto avec un couple d’amis à elle. Puis on s’est offert une girafe d’un litre et demi de Amstel. Dodo tard à la belle étoile because petite maison chez Laetitia. Mais belle étoile mauvaise idée because les mouspiques…

El 14 juin

La Rochelle au soleil. Leeeentement. Très beau. J’habiterais bien ici. Une Australienne avec qui j’ai passé un moment en fin de journée. Le film Dogville de Lars von Trier (à voir) de 21h à minuit. Un peu de danse dans le bar où j’étais allé la veille avec Laetitia et puis au retour des gens qui jouent de l’accordéon et de la guitare. Je suis resté à bavarder avec deux Française en profitant de l’air et des airs. Dodo vers 5h.

15

Levé à 9h30. J’ai diné chez Laetitia avec père et mère. Départ. Gros soleil. Une heure quarante de pouce pour un lift de 25 km. Un autre deux heures de pouce puis enfin quelqu’un pour m’emmener vers chez Elodie (assistante d’Irlande du Nord…). Elle est venue me chercher à la sortie de l’autoroute pour m’emmener à leur domaine ! Au milieu de la lande. Un lieu planté de pins pour assécher les marais voilà longtemps. Repas charmant et puis on a chanté des chansons. Québécoises, françaises et même de Zachari Richard de qui Charlie, le père d’Elodie est un fan.

Lundi 16 juin

Bordeaux. Promenade en ville avec Elodie comme guide. On a trouvé un garçon de treize ans et demi évanoui avec tous ses bagages et vêtements étalés autour de lui. Le lendemain on n’a pas pu lui parler, mais apparemment il avait repris conscience. Fugue ? Insolation ? Il y a la grève des éboueurs. Avec la chaleur je vous dit pas… On squatte chez Laure et Julie, ses deux bonnes amies. L’appart’ est en plein quartier arabe et étudiant et tout. Laure est peut-être intéressée à immigrer au Québec avec son copain Zaïrois qui vit en Grèce. Décidément !

Le 17

Et bien décidément le rythme est tranquille. Je parle, je mange. On est allé à la dune du Pylat ou Pila ou Pila selon les ortographes, une immense bute de sable le long de la côte Atlantique. Impressionnant. Avec Elodie, Julie, Laure et Louise. Elle forme un groupe avec une énergie contagieuse C’est moi qui ai fait cuire les crêpes pour le souper qu’on a mangé à 23h. Aujourd’hui le dix-huit Cinoche ce matin avec Laure. « Les triplettes de Belleville ». Dessin animé co-produit par la France, la Belgique et le Québec. Marrant. Et puis je viens de vous taper tout ça sur l’ordinateur portable de Julie. Dodo ici ce soir et probablement Toulouse demain. Le frère d’Elodie y habite et peut m’accueuillir.

;)

A bientôt !

Mathieu le Chanceux

Typesauce, 2003-06-18 14:00:32
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Lundi 16 juin 2003 * Tout va bien...

 

Voilà comment j'ai célébré. Dans la famille de Aude, à La-Roche-Sur-Yon.

 

Typesauce, 2003-06-16 05:30:24
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Mercredi 11 juin 2003 * De rencontre heureuse en rencontre heureuse

Le texte a été écrit le dix juin, mais je n’ai pas réussi à le mettre en ligne avant aujourd’hui.

 

Départ de Lamboërzer (c'était le nom du village de la famille près de Crozon) le 6 juin au matin après bien de la parlotte et échange d'adresse. «Kenavo». C'est au revoir en Breton. Et ça m'a rendu triste ce mot. Quand j'y pense, je pense à Bernadette.

J'ai fait seulement les quelques 300 m qui me séparait de mon lieu où faire du pouce.

Crachin. Pancarte "Mt-St-Michel". 40 minutes d’attente. Personne ne s'arrête.

Une Allemande arrive en vélo. On s'assoit. Parle.

30 minutes plus tard une voiture s'arrête sur l'accotement. Le gars s'arrête pour manger, retourne à Paris mais en passant par le Mont St-Michel ! Je monte.

Pascal est très sympa. On parle de tout, de rien.

Visite du Mont St-Michel. Génialissime.

Au retour deux Portugaises et une Torontoise. Elles sont au camping. Je squatte pour les 4 euros additionnels qu'elles doivent verser.

Le lendemain, 7 juin, elles quittent et je me retrouve avec Kyril et Marion, couple néerlandais - parents d'Igor, 2 ans et Kiara, 6 mois - qui ont un véhicule transformé en maison. Avec eux : Dinan, puis St-Malo. Magnifique encore. Je ne commencerai pas à tout vous décrire parce que j'en aurais pour des heures à me pâmer. Camping sur le même lotissement que le coupe pour 5 euros.

La place du Québec à St-Malo. C'est drôle de voir tant de fleur-de-lysés...

Le matin du 8 départ avec mon lourd fourbi. Mais je me fais des muscles et ça diminue parce que j'ai mangé les quelques kilos de barres tendres et de muesli que je traînais depuis l'Irlande. Je suis encore dans la ville quand  on m'offre un lift qui m'amène sur la nationale ou je poireaute 1h45.

Là, Franco me prends. Il se rend à un mariage au Portugal. C'est bien suffisant pour aller à Nantes, début de ma prochaine étape car je veux faire la Loire.

Quelques lifts plus tard. Et passablement de marche, j'aboutis chez Frédéric qui a une propriété magnifique (planifiée par un paysagiste il y a 70 ans).  Des arbres… Il m'offre pomme, biscuits et eau. Et pains au chocolat au matin !

Je fais à peine 1h de marche dans la journée (en compagnie de trois Française en congé pour la Pentecôte) et j'arrête a un camping pour du lavage. Ce qui prend la journée... Guitare, promenades, lecture... le dos au soleil, mais avec de la crème. Deux fois. Pas assez. Petit coup de soleil.

Ce matin, c'est un peu dur de porter le sac. 15 min de marche et Frank m'embarque. À cause de la guitare. Je vais donc camper chez lui ce soir. Et c'est de là que j'écris en ce moment. Sur un clavier reconfiguré en qwerty, comme ceux que je connais bien.

Tout va trop bien. C'en est presque épeurant. Toujours est-il que Frank va avec un pote en Vendée demain (la Loire côté Atlantique). Et je vais suivre car je connais là Aude, assistante de français qui était en Irlande cette année, chez qui je peux aller. Et puis c`est ma fête demain après tout. Ce serait sympa de fêter avec des gens que je connais un peu.

Je me suis acheté de la Leffe Triple pour célébrer.

Aujourd`hui journée d'ombre et de gel contre les brûlure acheté à la pharmacie. Frank adore cuisiner. On s’est farci un magret de canard sauce au roquefort, petites pommes de terre nouvelles et coulis de framboise (que j’ai cueillies dans le jardin) sur crème glacée à la noix de coco.

Bonne nouvelle ! Alexandre, mon sous-locataire actuel reste un mois de plus !

Voilà ! La suite quand elle existera… Dans une petite semaine disons…

xxx

Mathieu

P.S. Réjean, connaîs-tu un salon de coiffure qui s’appelle «Le pétard à mèche» à Victo ? C’est Anthony Loizance,  le fils de l’ancienne copine du père de Frank (Richard Ouzilou) qui a ça…

Typesauce, 2003-06-11 08:18:30
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Jeudi 05 juin 2003 * Crozon, presqu'ile de Crozon, Finistère, Bretagne, France

Salut !

D'abord peu de nouvelles pcq clavier français compliqué ou tout est mélanger.

Je vous donne un exemple en réécrivant la phrase ci-dessus avec les touches auxquelles je suis habitué;

Dùqbord peu de nouvelles pqrceaue clqvier frqncùqis co,pliau*e oµ% tout est ;*elqnger:

J'ai été malade sur le bateau. Mais tout a bien été après et j'ai dormi comme un bébé. J'ai vu Brest rapidement pour m'acheter un guide touristique. Je n'en avais pas acheté en Irlande pour en avoir un en français. Mais ce que j'ai trouvé c'est finalement le Guide vert... en espagnol.

Depuis deux jours je campe sur une ferme chez des gens hyper gentils et j'ai pour ainsi dire rencontré toute la famille : Bernadette, la mère et ses fils, filles, petits enfants et tout : Joel, Louis, Marie-Annick, Mathieu, Maxime, Alexandre, Valentin, Charlotte, Chantale etc.

Je suis dans le paturage la ou il n'y a pas de bouse et de crottin. Les moutons laissent ma tente tranquille.

J'ai marché un peu partout le long de la presqu'ile. Cap de la chevre, Pointe de Penhir et voila. Départ demain matin pour Carnac probablement.

Il y a une chapelle qui s'appelle Notre-Dame-de-Rocamadour à Camaret, une ville de la presqu'ile. Et moi tout heureux ce matin j'y suis allé ce matin pensant que je m'en allais a Rocamadour, le centre de pélérinage... C'est en plein milieu de la France ! Bref... changement de programme.

Le pouce fonctionne assez bien. Entre 60 secondes et 45 minutes d'attente. En moyenne je dirais 20 minutes.

A bientot!

Mathieu

Typesauce, 2003-06-05 10:31:42
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Dimanche 01 juin 2003 * Le cou dans' voie

Voila, tout va bien. Je m'offre une nuit dans une auberge de jeunesse apres du camping pour deux jours. La premiere nuit a été sur le terrain privé d'une belle maison de campagne au milieu des champs. Le proprio était pas la... Et j'ai utilisé son arrosoir pour me doucher le matin. La traversée nord-sud de l'Irlande s'est bien effectuée. En trois lifts, je suis passé de Derry a Waterford (pas tout a fait, car je me suis arreté avant - il allait faire trop noir pour que je puisse monter ma tente), soit environ 500 km. J'ai eu des conducteurs/conductrices extraordinaires. Les Irlandais sont toujours aussi fins. L'inspiration n'y est vraiment pas en ce moment et l'énergie non plus d'ailleurs. J'ai beaucoup de stock et c'est exigeant physiquement sur les épaules et tous les muscles en général. Je peux sentir mes muscles grossir. J'vous jure. Demain la traversée. Rosslare Harbour / Cherbourg. De 16h a 11h. 19 heures au total. Et j'ai fait une brassée tout a l'heure (c'est-a-dire, une heure et demi de lavage a la main) en prévision du fait que je serais surement fatigué en arrivant en France sauf que y'a pas grand chose pour faire sécher tout ca rapidement, outre la piece du "boiler" (reservoir a eau chaude) ou se trouvent presque tous mes bas et sous-vetements en ce moment. On va souhaiter que ca seche. Parce que du linge mouillé paqueté dans un sac a dos sur un bateau pendant 20 heures, je sais pas qu'est-ce que ca fait, mais c'est surement pas beau. Plus de nouvelle quand j'ai l'énergie, le courage, le temps, l'inspiration et... l'argent. A 5€ l'heure c'est pas si pire. Ciao ! Mathieu

Typesauce, 2003-06-01 17:09:57
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Lundi 19 mai 2003 * Quelques archives

Alors voilà,

Dans un effort sans précédent de clairer mon disque dur à l’école et d’épurger mes disquettes de fichiers encombrants, j’ajoute à ce blogue les premiers courriels collectifs que j’avais envoyé lors de mon arrivée. Je ne savais même pas que j’avais sauvegarder ça…

En espérant que ça vous amuse un brin !

Et je vous ai ajouté deux vues aériennes de Derry (scannées, comme vous l'aurez devinez, depuis le "Part Time Prospectus 2002-2003" du "North West Institute of Further and Higher Education", un genre de cégep pour adultes).

Ma maison est malheureusement en dehors de la photo. Pour vous la situer, regardez la rue qui longe la rivière vis-à-vis l’endroit où elle courbe vers la gauche, sur la photographie du haut. Des rues montent vers la gauche : ma rue était la première d’entre elles, soit là où commence la grande artère qui longe la rivière. Si vos capacités d’abstractions sont assez bonnes, vous pouvez à peu près vous imaginer où cela se trouve voir que sur la photo du bas aussi, le pont étant le même…

 

 

Voici un courriel collectif que j'avais envoye le 22 aout.

 

 

Bonjour a tous !

Que ceux qui n ont pas eu de mes nouvelles depuis longtemps pardonne la confusion dans laquelle le message suivant peut les plonger...

J ai attiri en Irlande du Nord hier, tel que prevu, en un morceau.

Je suis presentement dans une auberge de jeunesse pour ma deuxieme nuit a Derry. La premiere a ete dans un B & B. Laissez-moi vous dire que le Irish Breakfast, c est sale ! (y manque un accent aigu)

J ai fait le tour un peu. C est super beau. Qu on me pardonne mon manque de lyrisme, mais qq attend pour l ordinateur et je viens de me lever apres une sieste.

 

Plus de nouvelles plus completes suivront heureusement bientot...

 

Demain le journal local sort. Alors au plus tard demain soir j aurai un appart ! (J espere)

 

A plusse

 

Mathieu ;)

 

 

Et le suivant qui date du 24 aout :

 

 

Voici pour votre plus grand plaisir, le recit complet et non censure de mon arrivee en Irlande du Nord. ( sans cholesterol, sans accent aigu, cedilles, ni sel ajoute)

 

Apres un agreable vol au-dessus de l'ocean Atlantique, qui m'a entre autres choses permis de voir le film d'animation Monsters Inc. (un petit bijou) et renconter une fille correspondant parfaitement au prototype de l'Irlandaise - rousse ; elle a son propre cheval - mais qui s'est avere etre Americaine, j'ai atteri a Londres sans avoir dormi. (Un petit roupillon d'une demi-heure au mieux). Les douanes ont ete moins qu'une formalite - je n'ai meme pas eu conscience que je les avais passees ! - et je me suis retrouve down town London a sept heures du matin. Apres avoir erre autour de Victoria, la station ou le train m'avait laisse, j'ai fini par obtenir une carte approximative de la ville, ce qui m'a permis de donner un sens a mon errance. J'ai tenter de reperer les noms de lieux que je pouvais connaitre de Londres (les petits dessins sur la carte m'on aide) et j'ai marche un peu partout : Buckingham palace, St-James Park, Trafalgar square, le British Museum (mais mon cerveau n'etait pas au rendez-vous, alors je suis rapidement sorti), Fleet Street, St.Pauls Cathedral (c'est bien ca le nom ? j'ai trop vu de choses...) le Millenium bridge, une Harvey's dans un pud du Southwark, London Bridge de loin et puis une marche le long de la Thamise jusqu'a Westminster Bridge, et aussi la grosse abbaye la... Comment ca s'appelle encore ?

 

Un autre vol, apres un autre train et un peu du metro de Londres et puis me voila a Derry. Ca fait bizarre de rouler a gauche...

Ca sent tres bon ici. Assez humide. La mer est a cote mais ca sent plus la ferme et la campagne que la mer. Teresa qui est le prof qui est venu m'accueillir a l'aeroport m'avais trouve un beau petit Bed and Breakfast. Ca bien ete. Mais 17 livres c'est bcp pour mon budget. Alors hier j'ai change pour un Youth Hostel a 9 livres. J'ai marche un bon coup toute la journee, question de bien sentir la ville. C'est d'ailleurs magnifique. Mouais... Bien beau. Tres tasse, tres serre, tres europeen. J'ai vu les deux ecoles ou je travaillerais. Elles sont pas tres loin l'une de l'autre, mais il me faut traverser un pont et grimper une cristie de cote (c'est assez valloneux dans le bout).

Le soir, j'ai soupe a un BBQ organise par le proprio de l'auberge de jeunesse avec une trollee d'Australiens (6-7) et un Americain. Puis j'ai jase avec un Italien et je suis sorti avec lui et deux Italiennes dans un pub ou on jouait de la musique traditionnelle. Je me sentais comme a la maison. Quoique l'accent irlandais me cause encore pas mal de maux de tete.

Et puis ce matin, j'etais a nouveau debout des potron-minet pcq le Derry Journal sortait et que je voulais telephone pour les Rooms to let (chambres a louer) le plus tot possible (un reflexe de Montrealais j'imagine...)

J'ai visite une premiere place qui etait bien situee, a cote de l'immense et magnifique St-Eugene's Cathedral, avec une vue bien sympathique et puis une deuxieme, qui etait tout aussi bien situee (la rue d'a cote) mais n'avait pas le centieme du charme de la premiere et qui etait moderne et sans ame (et puis meme pas de vue sinon, plutot morne). Ce qui fait que pour faire une histoire courte mon adresse est maintenant le 4 Stanley Terrace. Le proprio est super fin. Il a un magasin genre depanneur situe exactement en face. Le prix est de 40£/semaine, bills paid, c'est-a-dire, le chauffage.

Le code postal est BT48 7DQ. Alors si l'envie vous prend de m'ecrire de a l'encre pas virtuelle ou de m'envoyer des sommes d'argent mirobolantes, il vous reste a ajouter Londonderry ou Derry en guise de nom de ville et de comte.

J'emmenage d'ici dimanche. Peut-etre demain. Faut voir.

Bon ben voila. Les prochaines nouvelles ne seront pas aussi completes et probablement moins frequentes. Mais je pense a vous (un peu!) quand meme.

 

Je vous embrasse tous et toutes tout partout. Bonne continuite !

 

Mathieu ;)

 

 

Et le p'tit dernier de samedi il y a quatre jours.

 

 

 

SALUT !

 

Apres un petit down, parce que je suis sorti de mon beat voyage pour entrer dans mon quotidien irlandais, me revoici sur mes pattes !

Choses plates faites recemment : ouvrir un compte de banque, m'inscrire a la bibliotheque (c'est de la que je vous ecrit, car j'ai acces internet gratos), acheter du sel, du lait, du beurre, du poivre... (la base quoi), m'acheter des couvertures parce que mon proprio ne les fournit pas. Et d'autres choses qui bouffent le temps. Et puis delier les cordons de la bourse encore et encore. C'est fou tout ce qu'on peut avoir a acheter !

 

Mais la je me prevois une petite viree de hiking dans le Donegal (le comte voisin) qui est semble-t-il parmi les plus beaux endroits en Irlande. Si jamais je me deniche un scanner, j'essaierai de vous faire parvenir mes cliches (Marcel, tu savais que j'avais fini par acheter la F-80 de Nikon ?).

 

 

En passant on est samedi matin et il est onze heures. La ville s'eveille et moi avec.

 

Et puis la je m'en vais accueillir Veronique - une assistante qui va faire le meme boulot que moi, mais a Limavady (30 km de Derry) - a la station d'autobus qui est de l'autre cote de la rue. La porte de la bibliotheque est ouverte et j'entends les gros moteurs diesels qui ronronnent au loin.

 

Je pense que c'est ca qui me met vraiment de bonne humeur : avoir quelqu'un avec qui voyager. Parce que ma roomate a beau etre bien fine, son anglais est pas genial et il semble que les sujets de conversation sont vite epuises. Mais hier, suis sorti avec elle justement. Elle s'appelle Nazriet. Elle est Ethiopienne et assez jolie d'ailleurs. C'est la seule des trois roomates que je connaisse pour la moment car les deux autres Ian et Connor sont tous deux en vacances. On est alle a un gros bar moderne, le Ice Wharf, qui est en bas de ma rue. Il y avait trois autres irlandaises aussi. C'etait pas le gros lot... Mais elles etaient bien gentilles quand meme. Et puis ca me permet de m'ameliorer avec l'accent irlandais.

 

Ca n'a pas de bon sang le rythme auquel les Irlandais(es) boivent... J'ai jamais eu le temps de finir mon verre qu'une des filles en avait deja achete un autre... J'ai quand meme reussi a payer des tournees moi aussi.

 

Bon, il faut bien conclure parfois. Surtout que l'autobus de Vero va arriver.

 

Alors voici la rubrique messages personnels :

 

Carol, j'ai bien recu la lettre. L'adresse postale est operationnelle.

 

Jean-Marc, pour le telephone, je ne sais pas trop. C'est peut-etre une histoire de codes internationaux errone. Je sais que moi j'avais eu des problemes a telephoner en Irlande. C'est cense etre 011 pour les appels outre-mer et 44 pour le royaume uni, mais peut-etre que le mieux a faire est de passer par la standardiste (l'operatrice en bon quebecois). Et puis il est possible qu'il ne faille pas faire le 0 de 028... En gros ca devrait etre 011 44 (0)28 71 29 39 98... Je le redonne pour le benefice de ceux qui n'ont pas eu mes premiers messages.

 

Ah et puis tiens, l'adresse tant qu'a y etre :

4 Stanley Terrace

Derry

BT48 7DQ

Northern Ireland

 

Gigi, Sylvie, desole de vous avoir oublie de ma liste pour les premiers messages. Trop de choses en tete j'imagine.

 

Gigi. Je m'excuse pour les fotes que j'ai for probablement commises. C'est terrible pour un gars qui s'en va enseigner le francais !

 

Si vous pouviez tous me faire part de votre adresse postale. Sait-on jamais si je pourrais avoir des cartes postales a vous envoyer...

 

Sandra ! Qu'est-ce que tu fais en Saskatchewan ? T'etais pas supposee etre en Ontario ? En passant il y a Michel Marchildon, un ex college de travail et ami, auteur-compositeur-interprete de sa personne qui est un Fransaskois. Tu peux peut-etre lui ecrire. Je ne sais pas si tu est dans son coin... michelmar@hotmail.com

 

Michel. Ca se peut qu'une certaine Sandra t'ecrive. Charmante demoiselle qui bosse sur une ferme en rapiecant une roulotte et en construisant un studio en haut d'une grange si j'ai bien compris...

 

Marcel ! Merci de ton courriel. Tu m'as beaucoup fait rire. Malgre toi, comme toujours j'imagine. Tu demeure une bonne muse, meme a distance. Et non a ce que je sache, l'alcool ne saoule pas 34 fois plus en avion. Le vin etait meme plutot bon.

 

Que ceux qui veulent etre desabonne(e)s de ma liste d'envoi me fassent signe. Je ne voudrais pas vous imposer de la lecture fastidieuse...

 

Gotta go !

 

Salut !

 

 

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

 

 

Mathieu ;)

 

P.S. Abonnez un ami a la liste et recevez un cadeau surprise. Grosso modo, ca veut dire faites-moi signe si j'ai pas encore oublie quelqu'un !

 

Salut a tous !

 

Grace a la magie d'Internet, vous pouvez avoir acces a des photos de mon avancee dans le Donegal. Le Donegal est le comte voisin et apparemment un des comtes reste le plus sauvage dans toute l'Irlande. Comme je vous l'avais dit, je m'y suis rendu il y a une semaine en compagnie d'un Francais, d'une Allemande et d'un Neerlandais.

 

Et puis le Francais, Gilles, etant du genre assez branche, a deja numerise les photos qu'il a mis sur sa page perso :

 

http://eire.online.fr

 

Ils vous faut cliquer sur Summer 2002 (eh oui, tout est en bon francais...), puis Donegal. Vous pouvez voir toutes les photos en format original et la qualite est excellente.

Les photos qui me concernent sont celles de la page 1 et les quatre premieres de la page 2.

Les sept premieres ont ete prises a un cercle de pierre erige il y comme mille ans ou plus. De la on a une vue geniale sur tous les environs. C'est a une dizaine de kilometres de Derry. Les autres sont de Malin's Head, la pointe la plus septentrionale d'Irlande. Ca se trouve a environ 80-100 km a peu pres directement au nord de Derry.

Je ne sais pas d'ou sont les autres.

 

La photo de Gilles, c'est moi qui l'ai prise !

 

Egalement, a cause de bisbille par rapport aux factures de telephone des derniers mois entre les locataires qui etaient la avant moi, la ligne sera debranchee. C'est-a-dire que celui dont le nom apparaissait sur la facture doit payer quelque chose comme 90 livres (plus de 200 $ - il faut multiplier par 2.5) qui selon lui ne sont pas des appels qu'il a fait. Car chaque appel est facture ici, meme local.

 

Pour l'instant ca fonctionne toujours... Je vais peut-etre me prendre un cellulaire. Ou meme demenager ! Pas que ca aille mal, mais hier j'ai rencontre des assistants de cette annee, un Francais et deux Allemandes, et j'ai visite leur piaule. Un chateau en fait... Mais ce serait un peu plus cher que ce que je paie actuellement et un peu moins bien situe...

 

Une moisson de nouvelles fraiches a venir bientot !

 

Mathieu

 

xoxoxoxoxoxoxoxox

 

 

Tout le monde se rappelera de ce qu'il faisait le matin du onze septembre a-t-on dit souvent. C'est vrai j'imagine. Moi je prenais des appels chez Yves Rocher. C'etait une matinee occupee. Appel apres appel. Puis aux alentours de neuf heures c'a a commence a diminuer jusqu'a cesser presque completement. Tout le monde avait ete avale par sa tele. On avait des nouvelles par les superviseurs qui descendaient au rez-de-chaussee pour voir des images sur le petit ecran du depanneur qu'il y a la.

 

C'etait irrel.

 

La deuxieme tour a ete frappee par un autre avion.

 

Une tour s'est effondre.

 

Un avion a frappe le pentagone.

 

J'ai appris que la deuxieme tour s'etait effondree par une cliente Americaine que j'avais au bout du fil et qui a interrompu la commande qu'elle placait avec moi pour crier a une collegue de bureau "Yeah, the second tower is down now." Et elle a poursuivit sa commande.

 

Mouais...

 

Un an alors.

 

-fin du prologue-

 

 

AVIS

 

***Le courriel suivant peut contenir des traces d'informations pour les matantes du genre "Je me brosse les dents tous les jours, je me nourris bien" qui pourrait ne pas convenir a de vieux enfants, mais s'adresse tout de meme a un public de tout age. Je prefere vous en avertir.***

 

J'ai commence a jouer au prof a Lumen Christi hier. C'est plutot sympa. Mon horaire est tout a fait potable : lundi matin de conge, vendredi apres-midi de libre et le mardi je commence a 9h15 pour terminer a 10h20. Les eleves que j'ai rencontre a date, qui sont ceux avec qui je serai appele a travailler le plus, ont seize ans et un niveau de francais fort appreciable.

 

Demain c'est l'ecole protestante, Clondermot. Contrairement a Lumen Christi, qui est une grammar school, soit une ecole ou les eleves sont plus forts, c'est une secondary school - une ecole "reguliere". On verra ce qu'il en est.

 

En attendant, j'ai renonce a aller vivre dans le chateau des Francais. Justement parce que c'est tout comme un chateau : grand, froid et humide. Et comme tous ceux qui y vivent sont de pauvres sans-le-sou, comprendre par la des assistants qui font la fete, ils preferent investir dans un systeme de chauffage personnel, plutot qu'un chauffage collectif. Comprendre par la payer pour du vin plutot que de l'huile a chauffage. Dommage car eux ils ont le telephone. Chose que je n'ai plus depuis hier. Mais je suis aller voir Frank-le-vieux-proprio-Irlandais-qui-vit-en-face-et-est-toujours-la-parce-qu'il-y-opere-un-depanneur qui m'a dit qu'il verrait a ca. Il est tres serviable. A date je suis alle lui reclamer un aspirateur, plus de fourchettes et un miroir pour la salle de bain du haut - qui est celle que j'utilise le plus. Il a tout apporte. Je compte encore lui reclamer des ciseaux, un pele-pomme-de-terre (ou dit-on epluche-carrote ? ou encore econome ? ou epluche-petaque ?) et une lampe qui fontionne. Toutes des chose qui font defaut a la maison.

 

Ma chambre est au troisieme etage d'une maison etroite. Elle doit faire trois metres sur quatre. Un lit simple. Tres simple en effet. Murs orange brule. Une petite bordure de tapisserie de aux motifs de fleur orne le haut et le bas du mur. Mais ce n'est pas quetaine. C'est meme joli. Au dessus de la tete du lit, quelques tablettes ou trone mon Robert et ou siegent ses fideles sujets, quelques recueils de poesie, des factures de l'epicerie, des cartes touristiques et le singe rose qu'Isabelle m'a donne. Je ne lui a pas trouve de nom encore. J'ai une petite penderie pour les chemises et les manteaux. Et une commode haute sur pattes, mais pas tres grande non plus : trois petits tiroirs flanques d'une armoire pour le stoffe de toilette. Meme style pour les deux meuble : blanc anonyme reluisant. Sous la commode il y a mes nombreuses chaussures, toutes mieux adaptees les unes que les autres au climat changeant de l'Irlande. La piece est couverte de tapis. Sinon, je ne serais pas la pour vous taper ce moment, mais plutot a l'hopital souffrant d'une pleuresie. (Il y a du tapis partout, sauf au rez-de-chausse.) Il y a aussi un miroir rond place au-dessus de la commode, mais un peu bas... Quand est-ce qu'on se sert d'un miroir pour se regarder des genoux a la poitrine ? Si vous avez des suggestions envoyer-moi les. Pour le moment je continue de faire des genuflexions quand je veux me servir du miroir.

 

Ma fenetre donne sur les toits entasses des maisons typiques de ce coin du monde. Ce sont les premieres maisons de ville en fait. Celle d'il y a cent ans. Comme la mienne j'imagine, quoique je n'en connaisse pas l'annee de construction. Murs mitoyens. Cours arrieres contigues separees par de hauts murs. Mais etant donne que ma rue est en pente (comme 90 % des rues ici), j'ai une tres belle vue, parce que les maisons vont descendant. Comme des escaliers. Il y a deja quelques cheminees qui fument. C'est qu'il fait froid ici. On n'a pas vos 33 degres du mois de septembre montrealais !

 

Et j'ai un peu entrepris la decoration de la piece. J'ai deja mon plant de basilic et mon plant de persil. Ca me fait de la compagnie. Mais je n'ai pas pose mon drapeau du Quebec encore. Je crois que le mur est trop petit... Ou le drapeau trop grand... Ou un peu les deux.

 

Il faut que je descende un demi-etage pour me rendre a la salle de bain. (En y repensant bien la maison comporte plus ou moins cinq etages. Ou un complet, le rez-de-chausse, et quatre demi. Dans l'ordre ascendant ca donne : entree, salle de bain, chambres, salle de bain, chambres.) Et il faut que je fasse gaffe parce que l'entree est trop basse. Je me suis deja cogne la tete trois fois... La douche n'est pas tres grande non plus. Je me suis habitue a faire des gestes moins amples en me lavant. Mais on s'y fait.

 

On s'habitue a plein de choses. Par exemple a ce que les automobilistes ne ralentissent pas pour les pietons. (Mais je crois qu'ils font ca en Angleterre aussi non ?) Les automobilistes montrealais et quebecois sont tres relax, croyez-moi. On s'habitue a avoir a choisir entre le robinet d'eau chaude ou celui d'eau froide. Dans les salles de bain du moins. Les seuls robinets que j'aie vu qui ne comporte qu'une seule sortie d'eau sont dans les cuisine. Mais encore la il se faut decouvrir de quel cote est place quelle temperature. Habituellement c'est facile. Le robinet qui declenche un torrent est l'eau froide et celui sans pression est l'eau chaude. Qui souvent porterait mieux le nom de l'eau un peu plus chaude. On s'habitue a se raser a l'eau tiede.

 

On s'habitue aussi a des oiseaux bizarres. Il y en a une sorte entre autre qui vient piailler a ma fenetre quelque fois et que je vois ailleurs en ville egalement. Un oiseau des cotes je crois. Et qui sonne comme les jouets pour enfant qui font du bruit quand on les ecrase. Vous savez, genre en caoutchcouc flexible ? C'est plutot cool !

 

Et il y a aussi les choses que l'on nomme "particularites culturelles", pour faire politically correct... Le bruit a la bibliotheque : les gens qui parlent fort - les employes eux-memes ! - et les bebes qui braillent et les cellulaires qui sonnent cent coups avant qu'on n'y reponde. Les gens qui lancent leur verres a la sortie des bars qui officiellement ferment a une heure du matin, mais finissent par fermer a une heure et demi ou deux heures. Et il ne faut pas croire par la que le party est fini. Non. Parce qu'ici on peut vendre de l'alcool 24 heures sur 24. Alors apres le last call, les gens vont s'acheter des bouteilles au bar. C'est beau de voir tout le monde avec son sac bleu ou blanc, on son sac de vidange (!) plein de bouteilles fraiches, tituber jusqu'a la maison.

 

Et puis... Quoi d'autre ?

Les gens (les filles surtout) qui s'habillent comme s'ils faisait trente quand il fait dix. Et pas seulement pour sortir, mais tout le temps. Les sandales et les t-shirts quand non seulement il fait froid, mais qu'il vente en plus ! Moi qui me croyait peu frileux. Laissez-moi vous dire que les Irlandais en ont beaucoup a m'apprendre !  Et en plus cote chauffage dans les buildings... Personne ne chauffe vraiment en fait. Ca se resume a ca.

 

Le nombre de poussettes ici ! Il parait que les filles-meres sont assez nombreuses a Derry. Je n'ai pas de misere a le croire. Ca me fait penser a "La grosse femme..." de Tremblay. J'imagine que le Quebec d'il y a quarante ans pouvait ressembler a ca aussi. Et puis en general, les familles sont de trois, quatre ou cinq enfants.

 

Mais bon, l'ambiance est cool.

 

Sauf pour les militaires que l'on croise de temps en temps. L'autre jour par un bel apres-midi ensoleille : quatre gars armes. De temps en temps aussi on entend un helicoptere qui fait sa ronde. Il y a des cameras de surveillance dans toutes les rues. Et du fil barbele ici et la. Quoique je ne me sente pas menace. Je veux dire, c'est sur que ca fait bizarre de voir des militaires, mais tout de meme, ils m'ont salue quand je les ai croise.

 

Je n'ai jamais autant cuisine que depuis que je suis ici. J'imagine que le temps libre a aide. Vu que j'ai un beau grand supermarche juste en bas de ma rue, ou je me procure en plus des cans de bine cheaps, des bons poivrons frais de Hollande, c'est assez facile d'acheter des trucs frais tous les jours.

 

Il est justement l'heure de diner. Meme beaucoup plus, il est 13h35. Je pars manger.

 

Portez-vous bien.

 

Mathieu ;)

-xxx-

 

Marie Aude, tu diras a Nico que les developpements de films ne sont pas cinq fois le prix ici. J'ai paye 3£ et 4£, ce qui correspond a 8$ et 10$. Mais c'est vrai que la qualite n'etait pas tres bonne. Il n'y a pas vraiment de bon endroit a Derry pour faire developper les photos.

 

Evelyne, j'ai colle les etoiles phosphorescentes au plafond. Ca me fait un beau ciel pour m'endormir.

 

Carol, j'ai recu les papiers de la Croix bleue.

 

 

Typesauce, 2003-05-19 05:45:17
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Lundi 03 mars 2003 * ¡Viva España !

Salut tous toutes pis le reste aussi !

 

Question de secouer ce blogue que la pluie irlandaise (qui apparemment, cette année, n’est pas tombé à flot comme de coutume – il a plu assez il est vrai mais pas tant que ça) semble avoir engloutie et coulée au fond de la rivière Foyle, on va y aller sur une note décousue parce que les belles phrases alambiquées et les paragraphes bien révisés fatiguent leur homme à un moment donné.

 

Ben, c’est ça, j’ai passé mes vacances de Noël en Espagne. 19 jours. 10 à Madrid, chez Anne-Marie-la-fille-de-Réjean-le-chum-de-ma-mère. C’est toujours comme ça que je l’ai appelée. Mais le voyage l’a transformée en ma demie-sœur, parce que donner l’explication à chaque fois devenait fastidieux. Elle bosse là depuis un an et demi et a son propre appart’. J’ai squatté.

 

Ai fait les musées. El Prado. Deux fois. Maîtres anciens. Titien, Goya, Bosch et d’autres. Très, très, très intéressant.

 

Thyssen-Bornemisza (y’a sûrement une faute d’ortographe ou même plus), du nom de la famille qui collectionne et expose les œuvres qui s’y trouve. Le musée d’art moderne. Génial.

 

Reina Sofia pour compléter la trilogie. Musée énorme. De tout. Des classiques. Des modernes. Et Guernica. Suis resté planter une demi-heure devant. Comme il se doit.

 

Madrid – la ville. Massif. C’est le seul mot qui me vienne. Des rangées de gros appartements décorés de frises et des grilles élégantes en fer forgé. Beaucoup de rues larges et des petites aussi. Ai pratiqué l’espagnol (on dirait mieux le castillan) à satiété.

 

Un détail cool, toutes les rues portent une illustration de leur nom. La rue des brodeurs, un assemblage de tuiles. Mes highlights sont la rue du coude et la rue du cordon, portant respectivement un dessin de coude et de cordon.

 

J’ai pas trop fait le nightlife. C’était pas dans mon sang à ce moment-là. Des journées de longue paresse. Pas quitté l’appart’ avant deux heures de l’aprèm’ et suis rentré tôt. J’ai aussi écumé la collection de CDs et de DVDs de la demi-sœur.

 

Mouais. Madrid a eu ses creux aussi. Et ses moments tranquilles en compagnie d’Anne-Marie, avec du petit rouge et du jambon serrano. Un classique espagnol : un jambon vieilli mais pas cuit. Il en existe million de sortes. J’en ai goûté trois.

 

Après quelques jours de ce mélange, flemme, musée, ville, j’ai laissé Anne-Marie à ses moutons et suis allé voir ailleurs si j’y étais. Ben j’y étais.

 

Granada. L’Alhambra. Palais magique des califes éteints. Un peu froid en janvier. Et côté fleurs, les jardins ont sûrement mieux à offrir en d’autres saisons. Manque d’organisation, par contre. Rien vu d’autre que ça. Ai dû rester une deuxième nuit. Lit pourri, mais pas cher. Me suis senti seul.

 

Nerja sur la côte méditérrannéenne. Le soleil de l’Espagne ! Pas que je le cherchais vraiment, mais après une semaine d’un gris uniforme à Madrid et de pluie à Grenade, je me disais qu’il faudrait bien que j’aie mes quelques rayons moi aussi. Moi aussi, parce que tout bon touriste qui va en Espagne y va pour le soleil non ? Une soirée à Nerja. Marche en solitaire au bord de la mer. J’y ai croisé une touriste américaine qui promenait ses deux chiens friands de mollusques échoués au bord de la mer. Ils les vomissaient aussi vite qu’ils les avaient engloutis.

 

Ça s’est arrivé à Nerja. Un millions d’histoires semblables me sont arrivés tout au long du voyage. Je ne vous les dirai pas toutes. Les deux heures dans tel bar avec la finale de handball entre Badajoz et Madrid. L’itinérant sur son banc avec qui j’ai partagé un repas sans comprendre ce qu’il disait avec son accent impossible… Mille expériences. Milles joies. Mille solitudes aussi. Il y a tellement de trucs à raconter quand on revient de voyage que celui qui écoute a toujours l’impression que le voyageur à eu le voyage de sa vie. Ce n’a pas été mon cas. Je voulais seulement vous le dire. Peut-être que vous les saviez déjà. Moi je l’ai appris en Espagne. À Grenade je crois.

 

Le lendemain j’ai loué une bicyclette pour 10 euros et j’ai fait la côte un peu. Il ventait en tit-pépère et quart ! Je suis resté au bord de la mère et j’ai bouffé un pique-nique énorme : un pain presque entier, un fromage, un pot

 

Mes repas ont vues toutes les heures du cadran ou presque en voyage. Des journées j’ai rien bouffé tout le jour…

 

Le voyage a pas coûté trop cher d’ailleurs. Grâce à ces jeûnes auto-imposés. Et puis quand on fait bombance par après, ce n’en est que meilleur.

 

Quatre jours à Cádiz. Nouvel an. Vin. Xeres. Touristes portugais, allemands, japonais, français, américains… Le lit à 6 euros. Déjeuner inclus ! D’habitude c’est 12-15 euros…

 

Et puis le soir où je suis arrivé, le Coréen qui est de service pour la nuit à l’auberge de jeunesse et voyant que je viens de Montréal, se met à me parler de Daniel Bélanger et me dit qu’il a des amis dans une petite ville en banlieue de Montréal que je ne connais probablement pas : Rosemère. Ben non tsé ! C’est là que j’ai grandit (en partie) et que je suis allé à l’école primaire !

 

Le lendemain : Jo et Pénéloppe. Québécois. Lavallois même. Débusqués grâce à l’accent. Jo a lâché un réservaaation digne de ce nom. Des busqueurs (busker ou artistes de la rue, si vous préférez). Ils sont encore en Espagne au moment où j’écris ces lignes. Après un passage par le Maroc. Elle joue du violon et lui de la guitare. De beaux moments avec eux.

 

PAUSE

 

16h15 et les magasins ferment à cinq heures. Carol, ma mouman arrive demain après-midi… La maison est propres, mais il reste des petites courses à faire. Je vous laisse là-dessus.

 

Les photos s’en viennent.

 

Promis, juré.

Typesauce, 2003-03-03 12:13:08
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Jeudi 06 février 2003 * Pas de nouvelles, bonnes nouvelles

Des échos me disent que le blogue manque à certains d’entre vous. On irait même jusqu'à croire que j’aie été avalé par l’Irlande. Pas tout à fait. Mais je n’avais tout simplement pas trop le goût d’écrire. Alors, ça va être succint pour tout de suite. Je voulais au moins vous envoyer des photos de l’Espagne, mais la flemme m’a gravement atteint. Et janvier est déjà fini. Et février entamé. Bonyeu qu’le temps passe vite, vite, vite.

 

Pendant que j’étais en voyage j’ai remis en cause sérieusement l’existence même de ce blogue. L’impression d’inventer un voyage qui n’est pas le mien. L’impression de créer un moi virtuel. C’est sans doute un peu vrai… Tiens, justement, c’est pas le futur sujet de ta thèse Geneviève ? L’autobiographie fictive ou de quoi de même ? Je ne voulais plus vous faire croire que tout va bien quand tout va mal.

 

Tout ne va pas mal bien sûr, mais tout ne va pas si bien non plus. Et j’ai l’impression que vous m’enviez d’être à l’étranger. C’est pas si cool que ça. C’est pas si génial que ça. C’est pas… Je ne veux juste pas que vous m’enviez ok ? Oui, tout va bien. Oui c’est très joli, intéressant et tout et tout. Mais il y a des longueurs aussi. Des questionnements. Des moments plates. Ben plates. Et…

 

Je sais pas. J’ai comme peur que les photos créent un monde aussi. Oui, correct, mes photos sont belles. Mais… c’est toujours ben rien que des photos.

 

 

 

En Espagne pour 19 jours, du 18 décembre au 6 janvier

 

Une macédoine de jours et d’événements :

 

Attendre un train pendant cinq heures avec rien à crisser. Attendre un autobus pendant deux heures avec rien à foutre. Manquer un autobus. Manquer un train. Être au mauvais endroit. Être au mauvais endroit trop longtemps. Être au bon endroit. Ne pas y être assez longtemps.

 

Madrid. Rien foutu telle journée. Marre des musées. Je ne veux juste pas être en voyage. Je mangerais plutôt de la dinde pis des bines pis des atocas en famille.

 

Cádiz (ou Cadix, selon l’ortographe française)

Ville adorée.

 

Granada (ou Grenade, selon l’ortographe française)

Ville abhorrée. Pluie. Manque d’organisation. L’Alhambra était génial. Mauvaise expérience de voyage. C’est le métier qui rentre.

 

Toledo (Tolède selon…)

Tout est fermé. C’est l’avant-veille de Noël. J’y ai rencontré une chino-canadienne bilingue de Vancouver.

 

Janvier 2003 à Derry et ailleurs en Irlande du Nord

Je vois une Allemande du nom de Susanne qui habite à Belfast. C’est sympa. C’est relax. C'est...

 

Je vais où au juste ?

 

Deux semaines de congé à partir de demain. Susanne vient à Derry en fin de semaine ou je vais à Belfast. Pas décidé encore.

 

Lundi le 10 février je prends l’avion pour Amsterdam. J’y serai jusqu’au vendredi 14 au matin. Puis changement de ville. Bristol le 14 au soir. Sud-ouest de l’Angleterre. Bath avec des thermes romaine juste à côté. Et la Cornouaille pas trop loin. Je vous en redonne des nouvelles. Retour en Irlande prévu pour le 24 au matin. Retour au travail prévu pour le même matin.

 

Je ne veux pas jouer le martyr. J’aime la vie. Tout va bien. Très bien merci. Comme qu’on dit : « Pas de nouvelles… »

Typesauce, 2003-02-06 11:00:00
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Lundi 16 décembre 2002 * Galway/Belfast/Derry et autres lieux moins communs

Dépendamment du local informatique où je me trouve, j’ai diverses vues sur Derry. Lumen Christi se trouve en haut d’une colline, alors de chaque côté c’est un point de vue différent. À la bibliothèque, c’est l’amont de la Rivière Foyle qui descend vers la mer. De l’endroit où je m’assois habituellement, je peux voir le paysage s’ouvrir vers la campagne irlandaise et c’est vraiment magnifique. Là, pour le moment je suis dans le local plus moderne avec les ordis plus performants munis d’écran de 48 pouces. Bon ok, j’exagère un peu, mais c’est vraiment des mastodontes. En tournant la tête vers la gauche, je peux admirer le cimetière de la ville. D’ici il n’a rien de vraiment impressionnant, si ce n’est qu’il est en pente (oh surprise !), mais c’est très agréable d’aller s’y promener. Surtout que depuis le cimetière on a une très belle vue sur la fenêtre du local d’informatique moderne de Lumen Christi… Et par le fait même sur Lumen Christi au complet. Le building date de 1839 si mon souvenir est exact. 18 octobre Par un glorieux vendredi mi-pluvieux, mi-ensoleillé donc totalement irlandais, j’ai pris l’autobus à destination de Galway, qui se trouve dans une baie sur la côte ouest de l’Irlande. En plein centre de l’île. Ben sur la côte, mais dans le centre, dans le genre le centre de l’axe nord-sud. Après cinq heures de tape-cul, Adeline Gendron, assistante de langue à l’université de Galway, qui fait partie du même programme que moi à l’exception que elle, elle doit travailler. Hé ! Hé ! Hé ! Bon, d’accord, je travaille aussi, mais ce n’est rien en comparaison de la tâche de préparation de cours qu'elle a à faire. Elle travaille sur des traductions et tout. Mais éventuellement, elle sera prof de cégep ou d'université, alors, fair enough. Moi, je suis un voyageur professionnel. D’ailleurs, je suis de plus en plus convaincu que c’est le but premier du programme. On m’a fait croire que j’allais enseigner le français, mais assez souvent je me présente à une classe et le prof me dit, bah, tu sais quoi, ce n’est pas nécessaire aujourd’hui. Je ne dirais pas que c’est courant, mais c’est arrivé. Si j’étais un peu plus intègre, je ferais pression, je me plaindrais, voire je ferais la grève de la faim, mais bon, en général, de toute façon, quand ce genre d’événement tragique s’est produit, j’avais toujours de quoi à potasser, à commencer par mon scénario. Les voyages déforment la jeunesse qu’y disent. Or donc, ne nous emberlificotons pas les pinceaux. J’en étais à Galway, le popotin en compote, après cinq heures de paysages tantôt pas pire, tantôt géniaux. Avec Adeline, j’ai fait le tour de la ville un peu. Très joli Galway ! Peut-être même plus beau que Derry… Au moins autant en tout cas. Et on y parle encore irlandais couramment - les affiches sont en irlandais (et en anglais). Nous avons fait des provisions à l'épicerie puis avons mis le cap sur sa maison qui est à une heure de marche, ce qui permet d'apprécier la baie de Galway et ses hérons, et son vent, et ses vagues… Ah, la mer ! Mais c'est bizarre en Irlande, parce que la mer ne sent pas la mer. La mer sent… La mer ne sent rien ! Pour ce que j'en connais. J'ai rencontré les colocs. Nous avons jasé de tout et de rien. Adeline et moi nous sommes popoté des burritos. Hmmm… Ça faisait un bail que je ne m'en étais pas farcis. En y pensant bien, ça fait de nouveau un bail, puisque z'en ai pas rebouffé depuis. Le lendemain, dès qu'Aurore aux doigts de rose s'est chargé de faire sonner le réveil, nous avons fait le nécessaire. Aller aux toilettes. Déjeuner. Faire le lunch. Nous gratter quand ça nous piquait… Et d’autres détails que vous pouvez fort bien imaginer, puisque vous avez tous une imagination débridée. Euh… Par après, on s'est mis en route pour le centre de la ville d'où l'on prenait l'autobus pour les îles d’Aran. Le trajet n’était qu’une soixantaine de kilomètres. Le moyen de transport suivant fut le bateau. Ils sont aussi inspirés qu’au Québec pour les noms. C’est qui déjà… La famille Dufour avec ses « Cavaliers du Saguenay » et « Princesse de Tadoussac » ? Ou quelque chose comme ça… En tout cas. Ici c’était le « Princess of Inishmore » ou de quoi de même. Inishmore est la plus grande des trois îles d’Aran et la plus célèbre et la plus remplies de ruines toutes plus historiques les unes que les autres et la plus visitées et celle qu’en bons touristes que nous sommes, nous avions choisi. Une fois arrivés, nous nous sommes loué des bicycles au tarif raisonnable de 10 euros pour la journée. Genre 15 piastres – les euros étant à peu près égaux aux dollars américains et l’euro étant la monnaie ayant court en République d’Irlande. Pour ceux qui s’inquiéteraient des problèmes que j’ai eu à traverser la frontière, eh bien… il n’y en a pas. Ni de problèmes. Ni de frontières. Du moins, elle n’est pas controlée. Revenons à nos moutons. Et c’est le cas de le dire. Il faisait beau. Très beau. 15 degrés à peu près. 17 peut-être à l’heure du dîner. Assez chaud pour qu’Adeline aille patauger un peu dans l’eau à l’un de nos nombreux arrêts lors de notre périple et assez pour que je me mette nu pieds lors de notre pique-nique. Alors là, par où commencer ? D’abord, je vous dirais qu’Inishmore est probablement le fait saillant de mon voyage à date. Quoique… y’a tellement de belles choses que je ne sais même pas si je peux vraiment faire un classement. Bref. L’île est un gros caillou de 14 km de long par un ou deux de large jeté à quelques centaines de mètres du rivage… Les premiers établissements datent de l’an 500 ou de quoi de même. Il me faudrait revérifier. C’est peut-être 500 avant Jésus-Christ. Bah, on chipotera pas pour un millénaire de plus ou de moins. Je vous conterait bien l’histoire, mais le temps que j’ai à consacrer à mon blogue manque cruellement. Je vous dirai tout ça sur une terrasse de Prince-Arthur au mois d’août l’été prochain d’accord ? Ce que les habitants ont fait durant des siècles pour pouvoir cultiver l’île, c’est qu’ils sont aller récupérer les algues sur la grève pour les laisser pourrir dans leurs champs et en faire de la terre arable. De manière à ce que la terre nouvellement crée ne soit pas lavée par les pluies, ils ont érigé des séries murets de pierres qui forment un dédale de polygones à travers l’île. J’ai pris quelque chose comme 40 photos ou plus, alors ça vous donne une idée. Nous avons longé la côte. Nous avons pique-niqué au pied des ruines d’une ancienne forteresse. Alors pour faire une histoire courte, la journée a été génialissime. Nous sommes rentrés à Galway. Et le lendemain, il mouillait à sieaux. Nous avons longé la côte dans les bourrasques, nous nous sommes trempés jusqu’aux os pour ensuite aller nous faire sécher dans les divers pubs et cafés de Galway. J’ai pris l’autobus vers 16h30, pour arriver vers 21h30. Ici il y a un congé de mi-session de quelques jours aux alentours de l’Halloween. C’est la Toussaint j’imagine. Je ne me suis pas beaucoup intéressé aux raisons du congé, mais j’en ai plutôt profité pour donner un bon coup à mon scénario. La violence n’a pas fonctionné. Alors plutôt que donner des coups, j’ai décider de travailler dessus. Ce qui a donné de bien meilleurs résultats. J’aurais pu aller en voyage quelques jours, mais le scénario étant dû pour le 1er décembre… Et puis de toute façon ça faisait bien trois mois qu’on me claironnait à quel point il fallait être à Derry le jour de l’Halloween. Effectivement, ça valait la peine. Il y avait apparemment 30 000 personnes dans les rues, pour la majorité déguisés et pour l’encore plus majorité avec un petit coup dans le nez. Vu qu’on m’avait tant dit que l’Halloween valait tant la peine, j’ai fait un effort soutenu de déguisement pendant les six semaines précédant la kermesse, en me laissant pousser la barbe. Mon intention de départ était de me déguiser en Jésus, mais ne trouvant pas le costume que je voulais pour le prix que je voulais, j’ai ensuite changé pour viking (l’intention étant de mettre à profit cet effort surhumain de poussage de barbe). Mais ne trouvant aucun accoutrement de viking, je suis passé ensuite passé à druide. Le soir même de l’Halloween, mon costume de druide était un tel désastre que je ressemblais à Jésus… Alors je me suis déguisé en Jésus ! Pas fou le gars. « Ouais mais t’avais pas peur avec les affaires de religions, les catholiques, les protestants, le sectarismes pis tout’ là ? » « Euh, non. » Et comme de fait, il n’y avait pas de quoi avoir peur ; le déguisement était très populaire auprès des locaux. Peut-être à cause de ma striking resemblance avec le fruit des entrailles de Marie… le plus réussi dans le déguisement étant la tignasse et la barbe. Les gens m’interpellaient dans la rue. « Jesus ! Hey look, it’s Jesus ! » Un franc succès vous dis-je. Sinon l’Halloween est une fête bruyante. Les pubs sont pleins. Et les gens boivent dans la rue. Et les pupils aussi. J’en ai croisé quelques uns dans les pubs. À seize ans ce n’est pas trop difficile de sortir. Tout ce beau monde jette ses canettes et autres contenant sur la voie publique qui, à une heure du matin, a l’air d’un dépotoir à ciel ouvert… Les petits sacs bleus en plastique des Off Licences (l’endroit où l’on vend l’alcool) sont légion. Et les gens qui titubent et se battent sont monnaie courante. Un samedi soir normal aussi, mais en moins démesuré. Je sais que je n’ai mis aucune photo pour le moment pour agrémenter le récit actuel – et j’en ai une ou deux pas pire de l’Halloween - mais je vais tenter de trouver du courage et vous les mettre bientôt. Le hic c’est que mon prochain refill de courage est dû pour le début janvier seulement, alors ça risque de prendre un bout. 13 novembre Le 13 novembre, un mercredi, Marina organisait une soirée française au Sandino’s. J’étais déjà dans un jus assez sirupeux dû à la remise prochaine de mon scénario, mais j’ai retroussé mon courage à deux mains tout en faisant que ne l’écouter et je lui ai donné un coup de main. Pas à mon courage ni à mon scénario, mais bien à Marina. J’ai réussi à faire que quelques chansons québécoises soient jouées : les Colocs, Piché, Jean Leloup (les Français ne connaisse rien de lui à part « 1990 » qui avait été un relatif succès), les Cowboys Fringants (qui remportent un vif succès !) et bien sûr Loco Locass. Laissez-moi vous dire que c’est beau de voir des Irlandais danser sur « Sheila chus là » un topo pro indépendance notoire… Ils n’avaient aucune idée du propos, mais la musique leur plaisait bien. Alors la soirée fut bien. Le bar était littéralement envahi par tous les Français ayant pignon sur rue à Derry, du moins ceux que je connais, ce qui fait environ 25… Il y avait du pain et du pâté et du fromage gratos. Puis des olives. J’ai même aidé aux cuisines pour que tout ça soit prêt ! Bien sûr j’avais aussi préalablement aidé à la déco et mon drapeau du Québec qui fait environ 2,5m par 1,5m avait une place de choix au plafond. Le reste du pub était paré de drapeaux Français, de déclarations des droits de l’homme, d’affiches de stars françaises… Même que Ketty, une gentille assistante Française, avait pensé à imprimer une affiche parlant du discours au balcon de De Gaulle. Mais c’était en français, alors je doute que ça ait impressionné les esprits irlandais. Les bouteilles de vin étaient en spécial à 6£, ce qui donne plus ou moins 15$. Pour une bouteille dans un bar, c’est pas cher payé ; c’est même trop bon marché… Ce qui a eu pour résultat que j’ai été dans les derniers à partir vers 2h du matin. Officiellement, l’heure de fermeture est une heure pour les pubs, mais tout ce qui se passe à ce moment-là, c’est que le bar cesse de servir. Vers 1h15, ils cessent de laisser entrer des gens et vers 1h45 ils commencent à nous chasser. Des fois c’est plus tôt, des fois c’est plus tard. Étant donné que la loi permet de vendre de l’alcool à toute heure, il y a encore moyen de se procurer de la boisson à cette heure-là, chose que Valérie fit (une des nombreuses Françaises). Nous nous sommes rendus au French Castle, endroit par excellence pour terminer les partys. Mais qui ne le sera plus, les locataires ayant été évincés sans raisons, sinon que les proprios veulent rénover. Et ils n'ont aucun droits compensatoires, m'ont-ils dit. Par contre, aux dernières nouvelles, ils avaient trouvé une nouvelle baraque. Peut-être un French Castle II ? À suirrre… La tradition irlandaise est un peu bizarre. Il y a comme une loi non écrite qui dit qu’il faut absolument aller au pub. Alors si quelqu’un organise quelque chose chez lui, on s’y rend pour fêter vers 9,10 heures, puis à minuit on va au pub, pour ensuite revenir vers 2,3 heures et fêter jusqu’aux premières lueurs. Or donc, vers 2h30 on est arrivé au French Castle pour regarder Les visiteurs (qui avait roulé avec sous-titres anglais au Sandino’s durant la soirée) et j’ai bu la bouteille de rouge avec Valérie. Tout le monde a fini par rentrer et les habitants par aller se coucher, et moi de même. Le lendemain, je me suis réveillé dix minutes après le début de mon premier cours… En m’habillant vite et en prenant un taxi (2£), je suis parvenu à ne manquer qu’une demi-heure, que de toute façon je reprenais dès le lendemain. Après cette soirée, je suis devenu très sérieux. D’abord, le scénario commençait à urger (deux semaines environ) et puis j’étais un peu tanné du pattern irlandais et du pub tous les soirs. Pas tous les soirs, mais souvent. Et puis ça finit par faire cher aussi. Je me suis cloîtré dans ma chambre où j’ai cette vue magnifique sur les toits de Derry, et puis aussi à la bibliothèque municipale où j'ai accès à un ordinateur par tranche d'une heure (qui devient parfois deux, trois ou… cinq heures !). Et j'ai pondu. Des événements et des rebondissements. Et j'ai poli et repoli ce qui était déjà écrit. Le travail à remettre n'était pas le scénario proprement dit, mais l'étape préalable - le traitement - qui devait tout de même faire 50 pages. Mais j’ai quand même trouvé le temps d’aller grimper une montagne samedi le 16 novembre et de visiter Giant’s Causeway le 17. Dans les deux cas j’étais accompagné d’Adeline-de-Galway qui était venu faire son tour à Derry. Les deux sorties étaient purement géniales. Et j’ai aussi des photos qui viendront agrémenter la bébelle éventuellement. Un autre élément de motivation pour finir par achever de finir de terminer était le Foyle Film Festival du 22 novembre au 1er décembre. Je ne pouvais quand même pas le manquer… Alors malgré le scénario et malgré l’école (n’oublions pas que j’ai un emploi ici tout de même) j’ai réussi à voir 8 films, quelques courts métrages et participer à une fin de semaine de faisage de film (filmaking workshop). Mercredi le 27 novembre à 15h, heure locale, mon scénario était expédié par courriel à papa qui dans son infinie bonté s’est chargé de remplir la paperasse pour l’UQAM (divers formulaires justifiant mon retard) + imprimer ledit scénario + aller le porter + le déposer à la sartec (société des auteurs de radio, télévision et cinéma) question de protéger mes droits d’auteur. Fac, que j’vous voye ma gang de vous autres, essayer de piquer mon idée ! J’ai eu A apparemment, mais c’est à confirmer, parce que ce que le prof a écrit est un peu bizarre. Un « A » encerclé et « commentaires envoyés par courriel à l’étudiant ». Commentaires que je n’ai pas reçus… Libre comme l’air, j’ai derechef volé vers le FFF (Foyle Film Festival) ou non… j’ai dormi plutôt. Le lendemain, j’y suis retourné. Après le turbin, be sûr. L’atelier de filmaking s’est avéré assez décevant. Les deux gars en charge, les illustrissimes Spence Brothers, avaient déjà écrit le scénario et la technique donnait dans le très rudimentaire. Éclairage comme il était. Pas de spots… « Hem, le fil est dans l’image… » « Ah merci Mathieu » Je vais enlever le fil… Pas de scripte. Première prise. « C’était bon ? » « Oui, oui, suivante. » Ok, j’exagère, mais c’était pas loin. Par contre, je dois avouer que ça faisait du bien de se retrouver sur un plateau de tournage, aussi modeste soit-il. Le produit final risque d’être rigolo. J’avais un rôle et ma seule réplique était un « chut » que je lance quatre fois à quatre moments différents à ma tendre moitié qui pose des questions idiotes. Le tout est déjà monté et il y a eu une petite première maison, vendredi dernier, au Nerve Center, qui est le centre multimédia de la ville et le lieu d'organisation du festival. Mais je l’ai manquée parce que je suis allé à Belfast, visiter un peu mieux la ville et surtout d’autres assistants et une assistante allemande en particulier… À suirrre itou. Hein !? Avouez que le gars a le tour de mettre du suspense dans ce blogue là. Pour conclure le récit, eh bien, maintenant que je suis libéré de mon scénario, je me suis plongé dans la trépidante vie culturelle de Derry, qui malgré tout, est assez impressionnante. Par exemple, en septembre, Oasis est venu. Je ne l’ai su qu’après par contre... En octobre, j’ai vu Sinead O’Conor. En novembre, il y a eu le festival de films. Et la semaine passée j’ai vu une pièce de théâtre qui se déroule à Derry et qui a été un succès international. C'est l'histoire d'une femme qui a tout perdu et est devenu alcoolique. On revisite les événements du Bloody Sunday. Très intéressant. J'ai aussi assisté à un concert de guitare classique et puis vu une exposition ou deux en ville. Mouais. C’est ça qui est ça. Bon ben c’est pas tout ça, j’ai un voyage en Espagne à préparer ! Je prends l’avion mercredi dans deux jours pour Madrid où Anne-Marie, la fille de Réjean, le copain de ma mère, m’accueillera. Je reviens à Derry le 6 pour recommencer à travailler la date où Michel Rivard reverra M. Côté, dans la chanson bien connue. JOYEUX NOËL ! BONNE ANNÉE ! Du succès dans toutes vos entreprises ! Je pense à vous. Hasta luego ! Mateo ;op

Typesauce, 2002-12-16 11:30:29
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Samedi 07 décembre 2002 * Pain de vie en de beaux jours irlandais...

Y m’semb’ que je vous entends scander tous en cœur « La suite ! La suite ! » Ou c’est peut-être seulement la Guinness qui me fait voir des choses qui n’existent pas…

 

Ok. Vous êtes installés confortablement ? Moi non. Maudites chaises en plastique de la bibliothèque de l’école. Bon, on n’en mourra toujours ben pas. Nous nous apprêtons à voyager dans le temps. Vous vous souviendrez que lors de notre dernier épisode, je vous parlais de la côte de Sligo que nous avions visité…

 

5 octobre

 

Or donc voilà. Par un beau samedi matin (le matin étant une notion assez obscure dans l’univers des assistants de langue ici. Pour faire une explication courte, ça consiste au moment où tous finissent par se lever. Dans le cas présent il était 12h.)… Je disais que par un beau samedi matin, on s’était donné comme point de ralliement une épicerie d’Enniskillen, dans un centre commercial tout ce qu’il y a de moins pittoresque, à part le fait qu’une manière de s’y rendre est a pied en traversant un joli petit pont. On  y a fait des provisions : deux, trois baguettes, du brie (il me semble… le souvenir commence à être loin), du jus, de l’eau, des biscuits, des sardines et tout ce genre de chose.

 

Redonc. À une heure de l’après-midi, un beau samedi matin, nous voilà fin prêts, armés d’un lunch et de deux voitures : la superbe Westfalia 1976 (l’ancêtre des minivans, dans laquelle on peut littéralment vivre – avec tapis et évier) de Florian, un assistant allemand d’Enniskillen  et la petite voiture de Rebecca, assistante française.

 

Et nous sommes parti pour la gloire (la gloire se trouvant à l’ouest cette journée là, au bord de l’océan Atlantique, dans le comté de Sligo). Notre joyeuse équipée était formée d’Antoine, le boutte-en-train, Leatitia, une française sympathique, Baerbel, une allemande à l’humour particulier qui rit tout le temps, Florian, le chauffeur tranquille, Loli, l’Espagnole discrète, Amélie qui rit tout le temps aussi et Rebecca, la survoltée qui était également notre deuxième chauffeur. Manu, qui sortait à l’époque avec Leatitia (ils ont rompu depuis) avait manqué l’autobus et ne nous a retrouvés que le lendemain. J’avais revêtu l’accoutrement de G.O.-guide-de-voyage et je nous ai dirigé vers un spot de rêve pour notre pique-nique. Je ne savais pas que l’endroit serait si génial, mais il l’était. Nous avons pique-niqué pendant au moins deux heures, si c’est pas trois...

 

 

Ça, c’est notre spot de pique-nique. Pas dans les vagues, mais un peu plus haut sur la grève.

 

 

Et là, tout le monde s’émerveillant devant la beauté du lieu. De gauche à droite : Amélie, Rebecca, le char blanc de Rebecca, la Westfalia de Florian, Laetitia, Antoine et Loli.

 

 

Antoine, Leatitia, Bibi, Amélie, Baerbel, Rebecca, Loli, Florian.

 

Puis, nous avons levé le camp pour aller dix kilomètres plus au sud question de nous promener dans une longue série de dunes formant un espèce de Havre. Nous avons erré lentement dans les dunes...

 

 

 

 

 

 

 

 

Désolé, j'arrive pas à la mettre à la verticale.

 

Par après, nous sommes allé nous cultiver un peu, un autre dix kilomètres plus au sud, à l’église où est enterré W.B. Yeats, poète le plus connu d’Irlande, qui a vécu à Sligo (qui est une ville et un comté). Il y avait près de l’église une tour datant du sixième siècle et une croix celtique du dixième. La pluie avait eu le temps de les user en masse, ce qui ne leur conférait que plus de charme. J’ai été le seul à m’intéresser aux croix, les autres ayant mis dare-dare le camp sur le café-boutique-de-souvenirs après avoir s’être signés devant la tombe de Yeats qui porte l’épitaphe bien connue :

 

Cast a cold eye

On life on death

Horsemen pass by

 

En gros c’est :

 

Jettez un œil froid

Sur la vie, sur la mort

Des cavaliers passent

 

C’est quelque chose d’un peu dommage des assistants en général je trouve : ils veulent bien voyager, mais ils ne sont pas toujours super aventureux. D’abord, moi j’aurais donné rendez-vous plus tôt que midi et demi le matin (et puis Florian est arrivé à une heure et Rebecca à une heure moins dix…) et puis j’aurais bougé un peu plus. Mais il faut dire ce n’est pas moi qui conduit alors… je peux pas me plaindre. Même si je le fais !

 

Nous avons abouti à un pub à Sligo (la ville) vers les sept heures et nous n’avons pas vu grand chose de la ville, sinon le pub, qui avait quand même d’intéressant le fait d’être muni de « chutes de chaleur ». Je ne connais pas la vraie expression. Il s’agit de genre de parasols d’un mètre de diamètre qui servent à chauffer les terrasses ce qui fait qu’elles peuvent être ouvertes même en hiver.

 

Nous sommes rentrés à Enniskillen à huit, neuf heures, nous avons bouffé du spaghetti en gang et nous sommes sortis. Rien de particulier à dire sur la soirée. Ordinaire.

 

6 octobre

 

Dimanche matin (le matin étant une notion assez obscure pour les assistants. Pour faire une explication courte…) vers 14h on est allé faire une petite virée à environ 15 km au sud d’Enniskillen. C’est une zone agricole de petites collines vertes qui ondulent autour d’un grand lough – un  lac, en fait – avec des vaches qui paissent et des dédales de clôtures de roches pour séparer les terrains des fermes, les uns des autres. Avec la permission du proprio, on a squatté sur le terrain… du voisin ! Pendant que les Européens allaient s’installer à l’emplacement de pique-nique sur lequel on avait jeté notre dévolu (un petit plateau sans bouses avec vue sur le lough), je suis allé demander la permission de nous installer là. La femme m’a dit que ce n’était pas chez elle, mais qu’elle connaissait le voisin et que ça allait.

 

On s’est encore une fois bien marré. J’ai encore une fois bouffé plus que tout le monde. Mais cette fois là c’était tragique parce que j’ai fini le pain, le fromage, le jambon, le poisson et le jus (de légumes et de canneberge). Peut-être l’eau aussi, mais je ne suis plus sûr. Pendant une certaine période, au début de mon séjour en Irlande, je pensais que j’étais enceinte tellement j’avais faim tout le temps ! Mais je n’ai pas pris ni perdu de poids jusqu'à présent. Et j'ai cessé d'être enceinte et d'avoir faim tout le temps vers la fin septembre. Un événement terrible a marqué cette journée : le coincement de doigt d’Antoine-la-mascotte dans la porte de la van de Florian. Il y a eu plus de peur que de mal. Mais quand même un beau gros bleu dégueux pour résultat. Baerbel a promis de la crème glacée à Antoine s’il ne pleurait pas. Et il n'a pas pleuré.

 

 

 

Les mêmes que la veille. Moins Bibi, derrière l’appareil, mais plus Manu, à l’extrême droite. Rien à voir avec le fait qu’il soit Allemand.

 

De retour de notre expédition, nous sommes allés à un pub (Where else !?)  pour prendre un café/thé/verre de Guinness. L’autobus du retour partait une heure plus tard, pour les ceuses qui quittaient, y compris mézigue. C’est moi qui ai payé la crème glacée à Antoine, parce qu’il avait été un grand garçon et parce qu’il m’avait gentiment hébergé toute la fin de semaine. Mais je lui en veux un peu, car je suspecte sa piaule (son pieu en fait) de m’avoir filé des puces ; je me suis gratté pendant une semaine et demi après mon retour…